J’ai osé relevé la tête et affronté les regards haineux des « autres »
J’ai démasqué mon visage et l’ai regardé droit dans les yeux
J’ai rejeté mes haillons et revêtu la robe nuptiale aux couleurs de l’arc-en-ciel
J’ai oublié le temps qui m’était accordé et j’ai outrepassé les ordres du Silence
J’ai défié ma propre morale et prononcé les mots interdits
J’ai dévoilé mon corps réservé à la noirceur
J’ai déployé ma sensualité et lui ai offert mes extases refoulées
J’ai souri à la clarté du jour tout comme à l’ombre de mes nuits
J’ai fait fi de cette pudeur envahissante et offert ma peau à ses yeux et ses mains caressantes
J’ai touché et aimé son corps et me suis enivré de son image
J’ai savouré chaque frisson, chaque vague, chaque élan que mon corps ressentait
J’ai goûté sans retenue sa peau, sa sueur, son odeur avant et après nos ébats impudiques
J’ai gardé les yeux ouverts et j’ai sublimé devant ce sexe jusqu’alors inconnu de ma bouche
J’ai retenu mon souffle pour mieux entendre le sien et m’engourdir de sa caresse à mes oreilles
J’ai fait de sa bouche offerte l’enclave de ma langue chercheuse
J’ai fait de ses mains baladeuses un frisson chatouillant tous mes sens
J’ai fait de ses cheveux si doux, un effleurement se baladant impunément sur tout mon corps
J’ai fait de ses caresses un repas suave comblant ma faim inassouvie
J’ai fait de son odeur de mâle mon parfum préféré
J’ai fait de son sexe gonflé l’otage de mon orgasme trop longtemps retenu
J’ai fait de son sperme salé l’élixir de mon entre-cuisse assoiffé et de ma peau desséchée
J’ai fait de ses fesses rondes et menues un plaisir pour mes yeux, mes mains et mes griffes
J’ai fait de ses cuisses l’étau volontaire des miennes
J’ai fait de son dos mon ardoise y gravant de mes ongles des mots érotiques
J’ai fait de ses déhanchements le massage ultime de mes reins assoiffés de plaisir
J’ai fait de son corps et son esprit l’esclave de mes fantasmes...